Retourner à se transformer avec l'Industrie du Futur

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Attirer les talents: les Fonderies Gravouil misent sur la transformation technologique

Spécialisée dans l’usinage, le contrôle et l’assemblage de pièces en aluminium, l’entreprise vendéenne Fonderies Gravouil (1,1 M d’€ de CA, 11 salariés) a commencé sa mue technologique il y a 10 ans. Une mue accompagnée d’une nécessaire gestion des compétences. Didier Caplan, dirigeant de l’entreprise, explique sa démarche.

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Quelle était votre problématique de départ ?

Nous souhaitions amener de la matière grise dans l’entreprise, faire évoluer nos salariés et nous moderniser afin d’adresser de nouveaux marchés. Il en allait de la pérennité des Fonderies.

Une part de notre main d’œuvre, de plus, approche de l’âge de départ à la retraite et nous devons nous préparer à la remplacer. A cela s’ajoute la difficulté à attirer les jeunes vers des métiers souvent pénibles sur le plan physique.

Comment avez-vous procédé ?

Nous avons d’abord investi dans un centre d’usinage sur lequel nous avons recruté un jeune en alternance. Alternant épaulé par l’un de nos opérateurs, sorti d’une ligne de production. C’est mon fils, formé en école d’ingénieur et prêt à reprendre l’entreprise, qui assure les formations.

En parallèle, avec la collaboration de la Plateforme technologique de Vendée, nous préparons l’intégration prochaine de cellules robotisées. Piloté par un opérateur, un robot exécutera des tâches répétitives pour la coulée des pièces.

Quels freins avez-vous dû lever ?  

Quand une entreprise se robotise, les personnes craignent pour leur emploi. Nous avons donc largement communiqué en interne sur les bénéfices de cette cellule robotisée : améliorer les conditions de travail en réduisant la pénibilité, repositionner les collaborateurs sur des tâches à plus forte valeur ajoutée et les faire monter en compétences. Nous souhaitons que cet exemple donne envie à d’autres opérateurs de se former au travail sur les cellules robotisées. Car tout le monde y gagne : l’entreprise en productivité et les salariés en employabilité.

Quelles avancées aujourd’hui ?

Ces nouvelles compétences, liées à des machines plus innovantes, ont apporté de la valeur ajoutée à nos produits face à ceux des concurrents low-cost. Elles nous ont permis également de nous positionner sur des marchés beaucoup plus techniques. Avec la seule activité fonderie, et sans cette mue technologique, l’entreprise n’aurait pas résisté.  

Entretien réalisé par FRAZZEO - Magali LECLANCHE 

Des choix et des résultats 

La transformation des Fonderies Gravouil a nécessité un investissement d’un peu plus de 500 K€ depuis le centre d’usinage, la cellule robotisée et les logiciels de CFAO. Un investissement réalisé avec le soutien de la Région Pays de la Loire,  dans le cadre du Plan pour l’industrie du futur. Cette modernisation a permis à l’entreprise de s’orienter vers de nouveaux marchés, de générer un volume de production suffisant pour être en capacité de recruter sur des profils de type ingénieur.

Une transformation pas à pas

L’industrie du futur nécessite de repenser la gestion des talents tant pour la formation en interne que pour les recrutements à venir.

Détails en 4 étapes : 

1) Identifier les postes et services de l’entreprise à faire évoluer :

L’arrivée de machines à commande numérique requiert de nouvelles compétences pour les faire fonctionner.

2) Planifier la formation des salariés :

En prenant en considération la variété des profils qui composent l’entreprise, et les départs à la retraite à anticiper. Les formations devront être adaptées afin de garantir l’accessibilité d’un maximum de collaborateurs à ces nouveaux outils. 

3) Communiquer en interne sur la transformation.

L’évolution technologique représente un changement de culture. Les collaborateurs doivent pouvoir identifier les bénéfices de l’arrivée de machines sur leurs postes de travail pour accepter de s’y former.

4) S’adapter aux jeunes générations :

En accueillant des jeunes en alternance ou qui sortent d’écoles d’ingénieurs et en proposant des horaires flexibles par exemple.

Article réalisé par FRAZZEO - Magali LECLANCHE