Retourner à développer son activité

Conseils

La trésorerie, révélatrice de l'état de santé de l'entreprise !

Tag :

Développement

La trésorerie, révélatrice de l'état de santé de l'entreprise.

Actuellement, de nombreux chefs d'entreprises surveillent attentivement leur niveau de trésorerie. Chacun sait que les problèmes surgissent lorsque la trésorerie vire au rouge. Or celle-ci est un révélateur de l'état de santé de l'entreprise. L'anticipation permet d'éviter ces soucis. Des soutiens adaptés existent pour répondre aux différentes causes conduisant à un déséquilibre de trésorerie.

La trésorerie : révélateur de la situation de l'entreprise

Le niveau de trésorerie est la conséquence de nombreux événements qui vont l’impacter directement. Si certaines causes l’entrainent vers le rouge, l’existence de l’entreprise est alors menacée.

Certaines causes peuvent survenir brutalement comme la défaillance d’un client. Dans ce cas, le ou les encaissements programmés ne seront pas effectués et le passage d’échéances, elles aussi déjà programmées, sera difficile voire impossible. Selon l’importance de l’encours, la situation peut devenir subitement mortelle pour l’entreprise. Le dirigeant dispose alors de peu de temps pour prendre les décisions qui s’imposent.

Certaines causes s’installent progressivement voire sournoisement :

  • L’allongement des délais des paiements clients et son symétrique, le raccourcissement des délais de paiements fournisseurs,
  • Le ralentissement de l’activité qui réduit les ventes donc les encaissements,
  • La contraction des marges qui fait que le différentiel entre encaissements et décaissements s’amenuise,
  • Les stocks qui augmentent parce que l’on continue de produire ou d’acheter alors que les ventes baissent,
  • Le recours à l’auto financement qui est une très bonne solution pour siphonner la trésorerie, etc.

Certaines causes sont structurelles et sont sans doute les plus mal admises par ceux qui subissent cette situation. Ceci est notamment vrai lorsqu'on a sous-estimé le BFR, soit lors de la séquence de démarrage de l’activité, soit à l’occasion d’une séquence de développement.

Comment maintenir l'équilibre ?

Le principe de base du bon équilibre est que l'entreprise doit vivre avec une trésorerie positive. C’est à dire que le Fonds de Roulement doit couvrir le Besoin en Fonds de Roulement (BFR). Lorsque cette situation n’est pas tenue, l'équilibre est maintenu grâce aux apports extérieurs de différentes natures. Certaines de ces solutions sont plus ou moins fragiles dans le temps et sont soumises aux aléas du contexte économique et de l’environnement financier. Certaines aides publiques existent pour soutenir temporairement la trésorerie de l'entreprise. Ces dispositifs sont à mobiliser dans des cas bien précis.
Autre principe de base : sauf situation particulière, la trésorerie doit être considérée comme "arme de guerre" pour protéger l’exploitation. L'entreprise ne doit pas auto-financer ses immobilisations et elle doit faire sienne cette règle simple : usage long = financement long ; usage court = financement court.

Enfin, la tenue régulière du tableau de trésorerie est la première des recommandations. Une fois en place, cet outil permet de pouvoir anticiper sur les impacts de telle ou telle modification sur le rythme de ses encaissements et de ses décaissements.

Soutenir la trésorerie dans l'exploitation au quotidien : Financer à court terme

Si un financement court terme est nécessaire à la couverture des besoins de trésorerie de votre PME, différentes solutions se présentent à vous. On peut les distinguer en 2 grandes catégories : les crédits de trésorerie et les crédits par mobilisation de créances.

Soutenir la trésorerie en phase de développement

Une autre règle est connue de tous mais est souvent négligée : le BFR est proportionnellement lié au chiffre d’affaires. Le BFR croit en valeur si le chiffre d'affaires augmente. Cette croissance est même souvent accélérée car, en période de croissance de l’activité, les causes de disfonctionnement augmentent : tout va plus vite, les sources de désorganisations deviennent plus nombreuses, etc. La satisfaction et l’euphorie du moment empêchent de voir les difficultés qui vont surgir dans quelques mois. Le dérèglement du BFR est la maladie qui guette l’entreprise en développement.

L'entreprise en développement peut connaitre une période où le rythme de ses décaissements est supérieur au rythme de ses encaissements. Dans l'attente des encaissements, l'entreprise doit continuer à conserver sa trésorerie en équilibre. Plusieurs dispositifs peuvent l'aider dans cette période. Pour les entreprises qui répondent à des commandes publiques, Bpifrance a mis en place Avance +. Cette aide couvre l'entreprise contre tout retard de paiement pour les encaissements provenant du secteur public (sociétés d'économie mixte, collectivités locales, établissements publics, etc.). Ceci permet donc à l'entreprise d’alimenter sa trésorerie à date certaine.

Le préfinancement du CICE auprès de sa banque ou de Bpifrance est un autre moyen de soutenir la trésorerie des entreprises. Le CICE (Crédit d'Impôt Compétitivité et Emploi) est calculé en fonction des rémunérations des salariés dont la rémunération brute annuelle est inférieure ou égale à 2,5 fois le SMIC. Le montant de crédit d'impôt obtenu au titre du CICE peut représenter un apport non négligeable de fonds. Dans l'attente de l'obtention du CICE, la banque permet aux entreprises de préfinancer cette somme, afin de soutenir leur trésorerie. L'entreprise peut ainsi tirer parti de cette recette et engager des dépenses de développement, dans l'attente de bénéficier véritablement des effets du crédit d'impôt.

Dans le cadre d'un projet d'innovation, un préfinancement au titre du CIR (crédit d'impôt recherche) est également possible auprès de Bpifrance. Ce préfinancement remplit les mêmes objectifs que le préfinancement du CICE : apporter à l'entreprise qui mène son projet de recherche ou d'innovation un apport de fonds dans l'attente de récupérer les bénéfices du CIR.

Renforcer les financements sur le moyen et le long terme

Comme leur nom l’indique, les solutions dites "court terme" ne permettent pas de corriger durablement la situation de l’entreprise. Il faut donc trouver, autant que faire se peut, à remplacer les solutions court terme chroniques par du moyen long terme.

Pour les entreprises en forte croissance, l'entrée au capital de nouveaux actionnaires peut être une opération à envisager. Ces nouveaux actionnaires peuvent notamment être des fonds d'intervention en fonds propres. Pour les entreprises innovantes, Bpifrance a mis en œuvre une garantie des fonds propres. Cette garantie couvre les risques pour les sociétés de capital-risques ou autres investisseurs qui réalisent un apport en fonds propres à l'entreprise innovante.

La trésorerie de l’entreprise peut être son talon d’Achille. Toute négligence ou manque de prévoyance à ce sujet peut être fatal. Selon les natures des besoins, les causes et les situations, il existe des  réponses appropriées. Toutefois, ces opérations peuvent apparaitre complexes, d’où l’intérêt de se rapprocher de professionnels et d’en discuter en premier lieu avec son expert-comptable.

Source: Fédération Bancaire Française- Pour en savoir plus:  https://www.aveclespme.fr/

 

Financer son développement : retrouvez le dossier complet !